dimanche 6 janvier 2008

Le « droit à l’exception » : le premier pilier d’un nouvel ordre économique et social au Cameroun

«Les relations économiques et financières entretenues par le Cameroun avec les pays industrialisés et leurs organisations criminelles (FMI, Banque mondiale et OMC) sont sans contexte la source du phénomène de son extrême sous-développement. Pour accéder au développement, le Cameroun doit, avant tout, rompre ces relations impures ».

Le droit à l’exception

Le Cameroun a souffert et continue à souffrir des injustices flagrantes des relations internationales inéquitables dans le passé, dans le présent et vraisemblablement dans le futur si les choses restent en l’état. Vidé de ses ressources humaines par la pratique de la traite durant la période de l’esclavagisme, pillé dans ses ressources humaines et matérielles et humilié dans sa dignité durant la période coloniale, manipulé à outrance durant la guerre froide, période difficile post coloniale de construction d’une base économique et sociale de l’Etat-Nation naissant, enfin, affecté par la fuite des cerveaux, le Cameroun a été et reste absent des négociations portant sur les défis mondiaux.

Comme tel, il a été lourdement handicapé et pénalisé lors des débats fondateurs du système économique mondial prévalant. Sauf instauration utopique d’un nouvel ordre international plus équitable, il est condamné à subir le diktat des organisations criminelles internationales au sein desquelles sa représentation relève de l’alibi tant les rapports de forces qui s’y expriment lui sont défavorables.

Dans cette perspective, on pourrait alors voir le monde comme un cercle vicieux structuré en 2 parties conformément à la terminologie de Samir Amin :

1. Le centre constitué des Etats voyous développés du Nord

2. La périphérie composée des pays pauvres (nous)

Où le « sous développement » des pays de la périphérie (nous) n’est rien d’autre que le produit du développement du centre. Car les pays « sous développés » (nous) font partie d’un système mondial qui a forgé leur structure sous l’impulsion de l’esclavage, la colonisation et l’impérialisme.

Les fondements de ce système diabolique repose sur:

1. Notre intégration dans le système capitaliste mondial sur la base d’un processus politique

2. La création par le centre (pays industrialisés du Nord) d'une structure de production et exportatrice de la périphérie (nous) en fonction de ses besoins

3. Notre mise sous dépendance dans les échanges avec le centre

4. La dominance externe

5. La désarticulation de nos systèmes économiques

Avec comme conséquences :

• Une division internationale du travail qui nous maintient dans un échange inégal

• Une mise en œuvre d'efforts d’industrialisation qui augmentent notre dépendance puisque nos économies s’extravertissent et doivent constamment augmenter leurs exportations pour :

– Rembourser nos prêts

– Payer nos importations en hausse constante

∗ Produits alimentaires, pour classes urbaines

∗ Biens d’équipements, pour industrialisation

∗ Produits de luxe, pour privilégiés européanisés

• Une structure industrielle largement dominée par des multinationales, qui contrôlent 2 éléments clefs : la finance et la technologie

• Un recours à la technologie étrangère, intensive en capital, peu créatrice d’emplois

• Une distribution des revenus très inégalitaire et axée sur des biens de consommation de luxe

• Un fort endettement étranger devenu « insoutenable »

De ce constat, il ressort clairement que l’ultra libéralisme qui fonde la pensée unique triomphante et exclusive, favorise les riches et les nantis et pénalise les pauvres et les miséreux. Libre concurrence oblige, c’est un véritable hymne aux vainqueurs, aux dominateurs, aux exploiteurs, aux gagnants, aux meilleurs. Aucune pitié, aucune solidarité humaine pour les vaincus, les dominés, les exploités, les perdants, les moins bons ! Et, il en est ainsi des personnes comme des communautés et Etats ou des ensembles multinationaux.

Aujourd’hui, il est plus que temps de dire STOP. Le Cameroun et les camerounais ne peuvent se retrouver dans cette compétition biaisée dès le départ. Le choix est à la fois simple et douloureux : Accepter et rationaliser, pour les opinions publiques camerounaises endormies, les impératifs de l’insertion de l’économie et de la société camerounaise dans la division internationale du travail telle que configurée par les tenants de la pensée unique et de l'ultra libéralisme et accepter la relégation du Cameroun comme quartier des pouilleux, des misérables et des exclus dans le paradisiaque village planétaire en construction ? Ou recourir au droit à l’exception.

La démarche

Le Cameroun va exiger de bénéficier du droit à l’exception pour être dispenser de l’application des lois de l’ultra libéralisme, tout au moins durant le temps nécessaire à son rattrapage des niveaux atteints par les économies et les sociétés avancées. Il s’agit ici de s’enfermer sur soi-même, dans la dignité et la solidarité et s’investir avec abnégation dans la recherche de voies nouvelles alternatives pour imposer à l’humanité le droit au respect.

Le recours au droit à l’exception devra donc nous permettre de :

1. Nous réapproprier notre pays en retrouvant notre souveraineté

2. Lever le verrou de l’occupation étrangère (économique et financière)

3. Bâtir un Etat camerounais fort et soucieux du bien-être du peuple

4. Exiger des compensations pour dommages subis tout au long de l’Histoire et jusqu’aux effets des choix inopportuns et contre productifs des programmes d’ajustement structurels imposés par les Institutions criminelles de Bretton Woods.

Les effets d’accompagnement

Libre, indépendant et souverain, l’Etat camerounais pourra alors :

1. Refuser de continuer à rembourser une dette illégitime et immorale qui l’asphyxie!

2. Créer les conditions nécessaires pour mettre en place un système d’investissements productifs et de production nationale;

3. Se réapproprier les secteurs de souveraineté de la nation aux mains des étrangers (eau, énergie, télécommunications, transport public et exploitation des ressources minières);

4. Emettre, grâce à sa souveraineté monétaire, des crédits à long terme et à faibles taux d’intérêt pour de grands travaux jetant les bases de l’avenir;

5. Etre en position de choisir ses partenaires économiques étrangers

Moralité : Une fois affranchi de ses chaînes d’esclavage qu’il entretient lui-même, l’Etat camerounais pourra alors remplir l’une de ses missions fondamentales qui consiste à réduire les inégalités dans la société en instaurant ex nihilo les Minimaux Sociaux.

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